Laboratoire

Les sources, les risques d’exposition et les methodes d’analyse de l’amiante

oct. 3 2016

Amiante est un terme général utilisé pour parler de six silicates d’origine naturelle : chrysotile, amosite, crocidolite, anthophyllite, trémolite et actinolite. Exploitée dès le milieu des années 1800, l’amiante était recherché pour sa résistance à la déchirure, au feu et aux produits chimiques. 

Qualifié à l’époque de « minéral miracle », l’amiante était utilisé dans une vaste gamme de produits d’usage quotidien comme les carreaux pour le plancher et le plafond, les matériaux pour le toit ainsi que pour l’isolation des greniers, des murs et des tuyaux.

On trouve couramment de l’amiante dans les structures commerciales, industrielles et résidentielles construites dans les années 1990. Son utilisation a diminué après que les risques pour la santé liés à l’exposition aient été connus.

Exposition et risques pour la Santé

L’inhalation prolongée des fibres d’amiante en suspension dans l’air peut entraîner des problèmes de santé tels que l’amiantose, les mésothéliomes et le cancer du poumon. Les maladies liées à l’amiante peuvent se développer plusieurs années après l’exposition initiale.

L’exposition peut survenir lorsque des matériaux contenant de l’amiante subissent des dommages et relâchent des fibres dans l’air, que ce soit lorsqu’ils sont utilisés ou lors de la démolition, de la construction ou de l’entretien de structures qui contiennent de l’amiante.

Substance réglementée

L’amiante est considéré comme une matière dangereuse en vertu des lois provinciales et territoriales. À ce titre, les lois provinciales régissent la production, la manipulation et l’élimination sécuritaire de l’amiante d’une manière qui protège la santé des humains et de l’environnement.

Pour se conformer à ces lois et règlements, les matériaux soupçonnés contenir de l’amiante doivent être testés en laboratoire et ils doivent ensuite être manipulés et éliminés correctement.

Analyses de l’amiante

Les inspections à l’oeil nu sont insuffisantes pour détecter la présence d’amiante dans les matériaux. Les échantillons que l’on soupçonne contenir de l’amiante doivent être envoyés à un laboratoire certifié pour ces analyses.

Les laboratoires d’analyses de l’amiante certifiés de Bureau Veritas possèdent les instruments, l’expertise et l’expérience nécessaires pour effectuer des analyses de l’amiante dans les échantillons de sols, de poussière, d’eau at d’air de même que dans les échantillons de matériaux en vrac. Nos laboratoires sont agréés par le NVLP et l’AIHA. Les Laboratoires Bureau Veritas font leurs analyses de routine avec les méthodes de l’ASTM, de l’EPA, de l’AHERA, de l’ISO et du NIOSH.

Matériaux de construction en vrac

Bureau Veritas teste divers matériaux de construction en vrac à l'aide de la microscopie à lumière polarisée, du comptage ponctuel et de la gravimétrie.

Microscopie à lumière polarisée (MLP)

La MLP est la technique principale et la plus économique utilisée pour détecter l’amiante dans les matériaux de construction. Les échantillons sont analysés conformément à la méthode U.S. EPA 600/R-93/116 (Method for the Determination of Asbestos in Bulk Building Materials), laquelle est conforme aux exigences provinciales, y compris aux méthodes d’analyse NIOSH 9002 et IRSST 244. Les résultats sont rapportés sous forme d’estimation visuelle des fibres d’amiante et des autres fibres, par couche.

Comptage de points

Il s'agit d'une technique facultative pour les échantillons dont la concentration en amiante est faible. Le comptage des points donne une évaluation plus précise du pourcentage en surface d’amiante dans un échantillon comparé à la MLP. Les seuils de déclaration sont basés sur la quantité de points comptés : un compte de 200 points donne une LD à 0,5 % ; 400 points donne 0,25 % ; et 1 000 points donnent 0,1 %.

Gravimétrie

Elle est utilisée pour l’analyse de l’amiante dans les matériaux non friables liés organiquement, par exemple les carreaux de sol, les bardeaux d’asphalte, le calfeutrage et le mastic. Les échantillons sont préparés par un traitement qui combine la cendre et de l’acide. La réduction gravimétrique peut être utilisée conjointement avec le MLP ou la MET. Les résultats sont rapportés en pourcentage d’amiante calculés selon le poids.

DÉFINITIONS DE MATÉRIAUX CONTENANT DE L’AMIANTE (ACM) SELON LES PROVINCES ET LES TERRITOIRES
Alberta : > 0,1 % de matériel de plus de 10 kg [1]
> 1 % de déchets [2]
Colombie-Britannique : ≥ 0,5 %
vermiculite > 0 % [3]
Manitoba : ≥ 0,1 % de matériaux friables
≥ 1 % de matériaux non friables [4]
Nouveau-Brunswick : ≥ 1 % [5]
Terre-Neuve et Labrador : > 1 % [6]
Territoires du Nord-Ouest : > 1 % [7]
Nouvelle-Écosse : 0,5 % [8]
> 1 % de déchets friables [9]
Nunavut : > 1 % [10]
Ontario : ≥ 0,5 % [11]
Île-du-Prince-Edward : > 1 % [12]
Québec : ≥ 0,1 % [13]
Saskatchewan : > 0,5 % de matériaux friables
1 % de matériaux non friables
> 0 % vermiculite [14]
Yukon: ≥ 1 % [15]

Sol

L’amiante dans le sol peut présenter un danger pour la santé si les fibres deviennent aéroportées. La contamination peut être causée par des dépôts d’amiante d’origine naturelle, de mauvaises techniques de démolition de bâtiments et le délestage illégal de déchets de construction.

Selon les obligations juridiques provinciales, l’approvisionnement, l’entreposage, le transport, la vente, l’utilisation et la réutilisation des sols contaminés par l’amiante sont interdits. Bureau Veritas recommande d’utiliser la méthode d’essai ASTM D7521-16 qui estime la concentration d’amiante par MLP et, de manière facultative, peut aussi donner la concentration d’amiante sous forme de pourcentage en poids.

Eau

L’amiante peut être introduit dans l’eau par des sources naturelles, telles que l’érosion de minerais contaminés ou par des émissions provenant de produits tels que les tuyaux en amiante-ciment, lorsqu’ils sont abîmés ou à cause de l’usure.

Les Recommandations pour la qualité de l’eau potable de Santé Canada n’établissent pas de concentration maximale acceptable pour l’amiante dans l’eau, mais la méthode de choix est la MET.

Vermiculite

La vermiculite est un minerai naturel qui prend de l’expansion lorsqu’il est chauffé à de fortes températures. Sous cette forme, la vermiculite est légère et résistante au feu, et elle peut donc être utilisée comme revêtement calorifuge ou comme amendement de sol. La grande majorité de la vermiculite a été extraite d’une mine près de Libby, au Montana, entre 1919 et 1990. Connue sous le nom de marque Zonolite, la vermiculite de cette mine était contaminée par de l’amiante amphibolique, de la winchite non réglementée et de la richtérite.

Pour répondre aux exigences réglementaires provinciales, la vermiculite doit être analysée conformément à la EPA 600/R-93/116 ou à la EPA/600/R-04. Pour confirmer la présence ou l’absence d’amiante réglementé, Bureau Veritas recommande d’utiliser les méthodes de MLP et de MET/D7521-16 de l’ASTM.

Air

Microscopie à contraste de phase (MCP)

On l'utilise pour mesurer la concentration de fibres dans les échantillons d’air. Cette méthode, utilisée seule, ne permet pas de distinguer les fibres d’amiantes d’autres types de fibres, mais elle peut être utilisée de concert avec la MET (la méthode NIOSH 7402). Le comptage des fibres est effectué conformément aux critères de la méthode NIOSH 7400 (Asbestos and Other Fibres by PCM) pour l’identification des fibres. Les résultats sont présentés sous forme de fibres/cm3.

Microscopie électronique en transmission (MET)

Utilisée de concert avec la MCP et la MLP, la MET, la microscopie électronique en transmission est une technique qui consiste à envoyer un faisceau d’électrons à travers un échantillon pour ensuite afficher une image à haute précision sur un écran. La MET utilise l’analyse aux rayons X par dispersion d’énergie et la diffraction d’électrons pour une aire précise pour identifier l’amiante en fonction de sa morphologie, de sa structure cristalline et de son identification élémentaire.

Références

[1] Occupational Code of Practice, Alberta Asbestos Abatement Manual

[2] Guidelines for the Disposal of Asbestos Waste, Environmental Protection Services Alberta Environment, août 1989

[3] B.C. Regulation 296/97: Workers Compensation Act – Occupational Health and Safety, Regulation Part 6 - Substance Specific Requirements: Asbestos

[4] Manitoba Workplace Safety and Health Act and Regulation 2016, Chapter W210 10/02 The Workplace Safety and Health Act

[5] Règlement 92-106 de la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail du Nouveau-Brunswick

[6] Règlement 111/98 de Terre-Neuve et du Labrador, Asbestos Abatement Regulations, 1998 de la Occupational Health and Safety Act (O.C. 98-730)

[7] Occupational Health and Safety Regulations, NWT Regulation 039-2015

[8] Nova Scotia Department of Labour and Advanced Education, Asbestos in the Workplace: A Guide to Assessment & Management of Asbestos in the Workplace

[9] Asbestos Waste Management Regulations, pris en vertu de l'article 84 de l'Environment Act S.N.S 1994-95, N.S. Regulation 53/95

[10] Department of Environment, Government of Nunavut, Environmental Guideline for Waste Asbestos

[11] Loi sur la santé et la sécurité au travail de l’Ontario, Règl. de l’Ont. 278/05, Substance désignée : Amiante dans les chantiers de construction, les édifices et les travaux de réparation

[12] Chapter O-1: Occupational Health and Safety Act General Regulations, gouvernement de l’Île-du-Prince-Edward

[13] Légis Québec, Règlement sur la santé et la sécurité du travail (chapitre-2.1, r.13)

[14] Règlements de la Saskatchewan, The Occupational Health and Safety Regulations, 1996

[15] Yukon Workers’ Compensation Health and Safety Board, Occupational Health and Safety Act and Regulations